Ces dernières années, les crises se succèdent dans le monde agricole. Dans le débat public, elles continuent trop souvent d’être appréhendées comme une série d’incidents isolés, appelant des réponses rapides et techniques. Une épidémie, une flambée des coûts, une sécheresse, un accord commercial contesté : aussitôt, le politique déploie une loi d’urgence, des aides exceptionnelles, une simplification administrative ou un ajustement réglementaire. Aujourd’hui, c’est l’accord avec le Mercosur qui cristallise les inquiétudes, concentre les colères et polarise le débat. Mais il n’est ni l’origine ni le cœur du problème. Ce qui est en jeu dépasse largement un accord commercial : c’est l’absence persistante d’un projet durable et partagé pour l’agriculture française, capable de répondre simultanément aux enjeux de revenu, de compétitivité, de transition écologique et de reconnaissance sociale du métier d’agriculteur. La colère agricole qui s’exprime depuis plusieurs mois n’est pas uniquement conjoncturelle. Elle dit autre chose, de plus structurel : l’épuisement d’un modèle agricole historique, fondé autour de la cellule familiale, soumis à une accumulation de chocs sanitaires, géopolitiques, démographiques, économiques et environnementaux. Dans ce contexte, le discours officiel oscille entre rhétorique guerrière et injonctions contradictoires : « guerre agricole », « puissance verte », agriculteurs érigés en soldats à qui l’on demanderait de produire toujours plus pour éviter que nos chaînes d’approvisionnement ne deviennent des chaînes d’asservissement aux grandes puissances. Mais produire plus, comment ? En augmentant la surface agricole utile et en diminuant les puits de carbone ? En recourant davantage aux engrais et aux produits phytosanitaires importés ? En reculant sur nos objectifs climatiques, alors même que l’agriculture est déjà confrontée à l’érosion des sols, au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité ? Ces questions restent sans réponse. Elles disent pourtant l’essentiel : le statu quo n’est plus tenable. En refusant de trancher collectivement la question du modèle agricole que nous voulons, qui serait réaliste dans le marché unique et le monde tel qu’il est, nous entretenons une impasse économique, écologique et sociale dont les agriculteurs paient aujourd’hui le prix.
Édito

Sous les bombes

30 janvier 2026 - Par La Grande Conversation
Après avoir lancé un message ambigu aux civils iraniens en révolte, Trump concentre des forces militaires vers l’Iran tout en demandant un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. L’homme de la Maison Blanche se veut imprévisible et envoie des messages contradictoires ou indéchiffrables aux populations civiles de Gaza, d’Ukraine, du Venezuela et d’Iran. Cet activisme désordonné et illisible, dépourvu de principes et déférent envers les hommes forts, n’est pas au service de la paix.
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Notre ambition est de nourrir la conversation démocratique
La guerre commerciale
Dossier
28 avril 2025

La guerre commerciale

Dans les 100 premiers jours chaotiques du nouveau mandat de Donald Trump, le dossier des droits de douane (« tariffs ») est sans doute le plus chaotique de tous. Il est même difficile de trouver un sens général à ses décisions. Est-ce un moyen de chantage vis-à-vis de ses partenaires commerciaux ? Une stratégie de réindustrialisation de long terme ? Une manière de réorganiser un ordre commercial vu comme défavorable aux consommateurs américains ? Ou encore une tentative de répliquer à la montée en force de la Chine et de promouvoir un nouvel âge de la puissance américaine ? Champion auto-proclamé de l' »art du deal », Trump a surtout pour le moment montré son art de battre en retraite.

  1. 1 - Guerre commerciale Europe-États-Unis : le facteur sonne toujours deux fois par Denis Tersen
  2. 2 - L’euro, nouvelle valeur refuge ? par François Meunier
  3. 3 - Le grand retour du mercantilisme par Alain Trannoy
  4. 4 - La chute de l’empire américain par Jean-Louis Missika
  5. 5 - Faire sens (si possible) de la politique économique de Trump par François Meunier
  6. 6 - Vers la guerre commerciale par Denis Tersen
Loi AGEC – Quel bilan cinq ans après ?
Dossier
3 février 2025

Loi AGEC – Quel bilan cinq ans après ?

A l’occasion des cinq ans de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), Terra Nova publie un dossier spécifique sur cette loi, particulièrement ambitieuse sur le plan environnemental. De nombreux acteurs, économiques et politiques, partagent ici leurs analyses de la mise en œuvre opérationnelle de la loi et proposent des pistes et solutions pour aller plus loin.

  1. 1 - Qu’est ce que la loi Agec ? par Suzanne Gorge
  2. 2 - Le long chemin de l’économie circulaire par Brune Poirson
  3. 3 - Économie circulaire : un portage politique à retrouver sur le devant de la scène ! par Véronique Riotton
  4. 4 - Le bilan de la loi Agec par HOP – Halte à l’obsolescence programmée par Flavie Vonderscher
  5. 5 - Loi AGEC et emballages ménagers : l’illustration du passage à l’échelle du réemploi par Jean Hornain
  6. 6 - Le bilan de la loi Agec par Réseau Vrac & Réemploi par Célia Rennesson
  7. 7 - Cinq ans après : les prémices d’une transformation par Pierre-Yves Burlot
  8. 8 - Les 5 ans de la loi AGEC : après la loi, l’urgence d’un déploiement systémique ! par Pierre-Emmanuel Saint-Esprit
  9. 9 - Bilan de la loi AGEC : l’élan est donné, mais la révolution circulaire reste à construire pour la filière REP TLC par Maud Hardy
  10. 10 - 5 ans de la loi AGEC : grande ambition, timide application par Antoine Guillou
  11. 11 - Le bonus réparation de la loi AGEC : essentiel mais pas suffisant pour recréer une solide culture de la réparation en France par Sarah Schönfeld
  12. 12 - Il est urgent de sauver la loi AGEC et l’économie circulaire en France ! par Guillaume Balas
  13. 13 - La loi AGEC et sa mise en pratique sur le territoire parisien par Florentin Letissier
  14. 14 - Après le temps de la conviction, voici venu le temps de l’action par Hugo Conzelmann

Peut-on faire évoluer notre système de retraites par répartition à un système par capitalisation ? Plusieurs propositions politiques vont déjà dans ce sens, alors que la sempiternelle « réforme des retraites » semble condamnée à s’enliser. Mais plusieurs obstacles pratiques se présentent, surtout dans une période de dégradation des comptes publics. Une voie étroite vers un nouveau régime est-elle praticable ?

— à lire sur Terra nova —
NOTE

Enquête sur la perception des rémunérations par les salariés du secteur privé

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